avril 3, 2008...8:14

Aventures patagoniques: del Bolsón à El Chaltén, par la Ruta 40.

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 (A l’approche du Fitz Roy)

Petit village où seule la rue principale est asphaltée, El Bolsón contraste avec Bariloche. Plus petit et plus tranquille, l’endroit est vraiment accueillant, d’autant plus qu’il est niché au pied des Andes. Historiquement il aurait été fondé par des résistants fuyant les persécutions du régime dictatorial. Aujourd’hui encore il y règne un esprit à la fois contestataire et novateur. Ainsi dans notre auberge le tri des déchets est de rigueur et le propriétaire, le vieil Augustin, fait même du compost, du jamais vu en Argentine.

                 (El Bolson)     

Nous passons le premier jour à la féria, une des principales attractions du village puisqu’elle rassemble des dizaines d’artisans dans une ambiance décontractée et musicale. Les fruits rouges abondant dans la région, nous engloutissons groseilles, cerises et framboises tout au long de l’après midi.

                (faune locale)

Océ repart deux jours plus tard pour Buenos Aires, tandis que Mathilde et moi continuons notre exploration vers le sud. Le vieil Augustin, hippie de pacotille, essaye de nous faire payer un jour supplémentaire pour avoir utilisé les hamacs le jour de notre départ. En dépit de sa longue barbe et de son air rebelle, le vieux bouc cherche la petite bête. Du coup Mathilde et moi partons furtivement par le jardin, avec comme d’habitude, l’immense discrétion qui nous caractérise.

A la nuit tombée nous embarquons pour le plus long voyage en bus du séjour, au programme une trentaine d’heures de route avec comme point de chute El Chaltén. Trente heures sur la fameuse Ruta 40, la plus longue d’Argentine, presqu’aussi mythique que la Road 66. Longue de 4800km, celle-ci longe la Cordillère des Andes et permet de joindre le Nord Ouest Argentin avec la Patagonie. Dans le nord elle flirte avec la Bolivie et les vestiges incas, dans le sud elle se rapproche du bout du monde sans l’atteindre, tout du long son parcours est bordé de paysages somptueux.

 Sur le tronçon que nous empruntons la route est dépourvue de bitume, tout le trajet s’effectue donc sur la piste. Nous laissons derrière nous un nuage de poussière digne d’une féroce troupe barbare. Parcourant des paysages désertiques, j’ai parfois l’impression que le chemin ne mène nulle part, que son prolongement, par delà l’horizon, est infini. La piste rectiligne, les nuages longs, effilés, immobiles. Seules les couleurs, qui changent pendant que le soleil poursuit sa course dans le ciel, rappellent que le temps s’écoule et que la Terre ne cesse de tourner.

          (Ruta 40)

Nous poursuivons ainsi notre voyage dans le néant, on se croirait sur la lune. La présence humaine est imperceptible, pas le moindre Florent Pagny aux alentours. Parfois une vache broute dans un cratère. Et si Neil Armstrong, au lieu d’aller sur la lune, avait atterri ici, en Patagonie ?

L’esprit divague, heureusement nous arrivons à destination. Le minuscule village se caractérise par l’absence totale de distributeur automatique, mieux vaut être prévenu. Fondé en 1985 afin de développer le tourisme vert, El Chaltén est un village sans histoire, entouré d’un cadre idyllique, encore préservé des hordes touristiques.

 (El Chaltén)

Nous sortons de notre navette aux alentours de 5h du matin, en compagnie de Francisca, une étudiante suisse rencontrée dans le bus. Nous réussissons à nous perdre avec succès avant de trouver enfin le camping recherché. Vers 6h le soleil pointe le bout de son nez, nous découvrons alors le Fitz Roy, le plus célèbre sommet de la région. Comme le dit le slogan ‘la montagne ça vous gagne’, on part donc faire une petite randonnée vers la Laguna Torres. Plus l’ombre d’un doute, nous ne sommes pas sur la lune, la gravité se fait sentir.

           (le Fitz Roy, la rivière)

A la nuit tombée, on se les gèle dans la tente, la Quechua peine à couper le vent (en même temps quand on y pense couper le vent c’est dur), du coup je me métamorphose en bonhomme Michelin avant de sombrer dans les bras de Morphée. Le lendemain est placé, une fois de plus, sous le signe du sport, en effet pour profiter pleinement de la Patagonie il vaut mieux aimer marcher.

Levées au chant du coq nous partons à l’assaut de la montagne en direction de la Laguna de Los Tres. Après deux heures de marche rigolotes et faciles - étant donné notre entrainement de compétition- nous arrivons au pied du dernier dénivelé, une montée très rude sur un chemin casse-gueule. Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle. Au sommet la vue est splendide, on tombe nez à nez avec deux lacs, l’un turquoise, l’autre d’un bleu profond, tous deux ayant élu domicile au bas du Fitz Roy.

Le soir même, courbaturées et ratatinées comme des mémés à cause de l’effort fourni, nous partons pour El Calafate.

p1020749.jpg    Laguna de los tres      (la Laguna de los Tres)

2 commentaires

  • Maaaaa c’est trop beau Maudounette :)

  • beauvois sandra
    mai 31, 2008 à 10:30

    bonjour ,

    j’aurai voulu savoir quelle compagnie de bus faisait le trajet el bolson - el chalten , car avec mon ami , nous partons en juillet pour un mois en argentine , et nous sommes face à une inconnue , comment faire pour rejoindre el calafate depuis bariloche , à part l’avion ,

    merci d’avance et merci pour les informations

    à bientot

    cordialement

    sandra

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