El Calafate est à l’origine le nom d’un arbuste de la région dont le fruit est une petite baie noire comestible. C’est aussi le nom du village, transformé en complexe touristique, qui permet d’aller rendre visite au glaçon le plus connu d’Argentine : le Perito Moreno.
Haut lieu du Parque Nacional de Los Glaciares, le Perito pourrait permettre la production en série de whiskies on the rocks jusqu’à la fin des temps. Ou de fernet-cola, c’est une question de religion. Une superficie comparable à celle d’Israel, 14 km de long, 200m de haut, tels sont les attributs du colosse.
Mouvant, ce dernier descend lentement la Cordillère pour aller barboter dans le Lago Argentino, alimenté par les eaux du dégel. Régulièrement des morceaux de glaces s’affaissent, provoquant un vacarme tonitruant. Les touristes réagissent alors au quart de tour pour tenter d’immortaliser les palpitations de la bête.

A force d’avancer, la glace finit par s’accumuler contre une langue de terre. Ainsi, cycliquement- tous les trois ou quatre ans- le Périto « éclate », phénomène spectaculaire donnant lieu à une importante montée des eaux. Dommage par contre qu’il n’y ait pas d’explications plus détaillées sur le rôle du glacier dans l’écosystème car on peine parfois à dépasser l’émerveillement béat.
Après avoir grelotté devant le Perito, nous retournons à El Calafate. En chemin nous croisons deux belges, Laurent et Vincent, que nous avions rencontré à El Chaltén. Rencontre imprévue, prétexte à quelques Quilmes au soleil, puis à un asado au camping de ces messieurs. On arrive à l’heure argentine, avec deux heures de retard, et ces huluberlus ont commencé sans nous. Coïncidence, Francisca, notre amie suisse, pointe son nez, puis Alberto, un espagnol, ami des belges. Bien que la Patagonie soit immense, on y recroise souvent les mêmes trombines. Du coup on achève les provisions et partons en boliche*, les belges ont la descente facile et finissent bien ronds, tout comme la petite suisse qui n’en finit pas de se déhancher…en chaussures de randonnées.
(les Belges et le mouton)
Le lendemain nous partons nous promener dans la réserve écologique municipale, au bord d’un grand lac aux reflets turquoise. Flamands, ibis, cygnes et autres volatiles paradent sous nos yeux, nous les saluons avant de reprendre la route…pour le Chili.
*discothèque.













