Matinée dans Miraflores, le quartier chic de Lima, bordé par les eaux du Pacifique. Déambulant un peu au hasard nous finissons par trouver ‘el mercado del indio’, un grand marché où abondent flûtes de pan, ocarinas, tissus bariolés et lamas miniatures. De quoi réjouir le touriste, et nous ne manquons pas à la règle. On s’aperçoit vite qu’il n’y a pas un seul mais des dizaines de marchés identiques, éparpillés dans le quartier. Du coup, il est quasiment impossible de repartir sans une splendide collection de bonnets péruviens, et tous les instruments nécessaires pour équiper un orchestre de musique andine.


(flute de pan et ocarinas)
On s’offre ensuite une petite séquence sueurs froides, à bord d’un taxi particulièrement déglingué. Etant donné la résistance douteuse du plancher et les fils dépassant de tous côtés je me demande encore comment le tacot a tenu le choc jusqu’au Museo de la Nacion.

Une exposition photo retraçait les évènements politiques survenus au Pérou entre 1980 et 2000, à savoir les heurs entre mouvements révolutionnaires-Le Sentier Lumineux et le MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru)- et l’Etat.
Au moment du retour à la démocratie, en 1980, les activistes du Sentier Lumineux lancent un appel à la guerre populaire afin de bousculer le pouvoir en place, profitant de sa fragilité. Les forces armées sont chargées de réprimer les subversifs. Les campagnes péruviennes deviennent alors le théâtre de sanglants massacres. Fujimori est élu en 1990, au moment où la guérilla, se déplaçant de la campagne à la ville, prend un nouveau visage.
Il accorde alors des pouvoirs exceptionnels à l’armée, n’hésitant pas à passer outre l’Etat de droit. Massacres, attentats, enlèvements politiques se succèdent jusqu’à ce que la capture d’Abimaël Guzman, le leader du Sentier, décapite le mouvement. Le retour à la stabilité se paie donc au prix fort : les victimes sont nombreuses parmi les civils, pris en otage entre la violence terroriste et les forces armées.
En somme, une exposition bien documentée et très émouvante. Surtout à l’heure où de nombreux responsables restent impunis, comme c’est le cas dans presque tous les pays d’Amérique du Sud. En effet, au sortir d’une guerre ou d’une dictature, les gouvernements tendent à faire voter des lois d’amnistie afin de faciliter la « réconciliation nationale ». Toutefois, il est clair qu’il ne suffit pas d’une loi pour oublier et si les appels à la justice se multiplie le processus en est encore à ses balbutiements.

(la plage à Miraflores)
Après un voyage mouvementé dans l’histoire récente du pays, on retrouve nos esprits en contemplant le coucher du soleil sur le Pacifique. Et y a pas à dire, c’est quand même chevere…*

* génial, comme ils disent ici.






