mai 29, 2008...3:57

A l’assaut du Machu Picchu. Etape 1 : Atteindre Aguas Calientes.

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Afin d’atteindre la Cité Inca depuis Cuzco on peut prendre le train et arriver directement à Aguas Calientes, le village niché au pied du Machu Picchu. Toutefois, si l’on veut éviter de payer 70 dollars, somme véritablement énorme en comparaison avec le coût de la vie sur place, il existe un autre itinéraire passant par la route et traversant les petits villages. C’est celui-ci que nous avons choisi pour nous mener au pied de la Cité Inca.

Cependant, le jour de notre départ en bus, la compagnie nous informe qu’en raison des orages de la nuit précédente, les routes sont bloquées et impraticables. Tous les bus auront au moins quatre heures de retard, c’est à dire une journée. Dépitées, nous cherchons une autre solution, presque résignées à partir le lendemain. Mais, pour une fois nos têtes de gringas sont utiles. Un guide touristique nous repère dans la foule, il a besoin de trois personnes pour compléter son minibus comptant déjà quatre aventuriers. C’est ainsi que nous partons en direction de Santa Maria, où il nous faudra changer de véhicule pour rejoindre Santa Teresa puis Hidroelectricas.

  (les éboulements)

 

 

 

 

 

 

 

Une fois n’est pas coutume, la route est  un vrai parcours du combattant. De nombreux torrents, plutôt vigoureux, traversent la chaussée. Le chauffeur garde son calme andin et avance sans sourciller. D’ailleurs, je crois que l’expression un calme andin n’avait fait autant sens à mes yeux avant cet instant précis. La flûte de pan et les chants nasillards  bercent nos écoutilles et contrastent avec notre nervosité. On serre les fesses dans les virages. Le paysage, plutôt dépouillé aux alentours de Cuzco, devient de plus en plus tropical. Les feuilles se font plus larges, les fleurs s’arlequinent.

 

(Carnaval)

Le chauffeur franchit l’éboulement sans broncher. Un calme andin, je vous disais. Un autre éboulement surgit bientôt. Trois coups de pelleteuse et nous passons. Le gravier remplace le bitume, nous sommes dorénavant dans un tape-cul permanent. A l’entrée d’un village nous découvrons que le carnaval a lieu le jour même. Nous suivons donc la procession tranquillement, tandis que les gamins se balancent des bombes à eau, de la farine et de la mousse à raser. Les costumes et la musique donnent une idée du folklore local.

 

 

(Santa Maria)

A Santa Maria, nous avons largement le temps de flâner. Nous déjeunons sur place, pour un 1 sol j’adopte deux kilos de mangues et quelques bananes. Des gros sacs de feuilles de coca sont également présents sur les étals. Un autre minibus nous conduit jusqu’à Santa Teresa, pas une goutte de goudron le long du chemin. On avance au milieu des lianes, des bananiers et des feuilles au design spécialement conçu par Ikea pour récolter l’eau de pluie.  

 Le chauffeur consent à nous amener jusqu’à Hidroelectricas, où se termine la route. Ensuite, le seul moyen de continuer est de suivre les rails, en prenant garde à ne pas se tromper de voie ferrée. La nuit commence à tomber. Les bruits bizarres se multiplient. La jungle disparaît dans l’obscurité. La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles. Pour le coup, les paroles sont bien confuses, et mieux vaut ne pas avoir l’imagination trop fertile sous peine de ne plus oser continuer.

 Heureusement, trois Colombiens ont également choisi cet itinéraire tartignolle. Nous ne sommes donc pas seules pour affronter serpents venimeux, fauves affamés, et araignées toxiques. Comble du luxe, ils ont même une lampe torche. Trois heures et quelques frayeurs plus tard, les lumières d’Aguas Calientes apparaissent. Et comme le village porte bien son nom, nous avons même droit à une douche chaude.

  

 

NB: Quelques photos illustrant ce post ont été prises par Anouk.

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